Bande striée
TISSU SPECIALISE DU PENIS

BULLETINS

Août 2008

Au moins un physiologiste notable affirme que le toucher érogène est le déclencheur principal des réflexes sexuels responsables de l'éjaculation. Cela semble être l'opinion générale. De plus la sensation érogène est le résultat, plutôt que la cause des réflexes sexuels. Qu'importe donc si c'est la sensation, ou les réflexes, qui vient ou viennent en premier ?

Ce que nous avons montré durant ces quelques dernières années, c'est que le prépuce est spécialisé pour déclencher les réflexes sexuels menant à l'orgasme et l'éjaculation. La bande striée du prépuce est un déclencheur majeur de ces réflexes. Ce n'est pas le seul déclencheur ; le gland aussi joue un rôle, bien qu'il ne s'agit pas du rôle communément supposé.

La contraction réflexe du muscle bulbo-spongieux situé autour du bulbe du pénis, peut-être à cause de la stimulation du gland ou du prépuce, est essentielle pour l'éjaculation. La contraction volontaire ou voulue du muscle bulbo-spongieux évacue l'urine résiduelle de l'urètre postérieure. Le gland généralement survit intact à la circoncision ; le prépuce est moins fortuné et donc, est la priorité suprême de notre attention. Gardez cependant à l'esprit que les deux, gland et prépuce, contribuent à une jonction muqueuse-peau unique du pénis, et il est impossible de les séparer physiologiquement. Ils n'ont peut-être pas la même apparence mais ils ont beaucoup en commun.

Le gland et la bande striée partagent aussi le même arc réflexe neural. Des terminaisons nerveuses spécialisées du pénis (les larges corpuscules Meissner en oignon) envoient des impulsions à la moelle épinière, par le nerf sensitif principal du pénis. Des impulsions nerveuses quittent la moelle épinière par des nerfs vers la prostate, vésicules séminales, et muscle bulbo-spongieux à la base du pénis. C'est ainsi que l'étirement de la bande striée déclenche des contractions rapides de la prostate etc. Lorsqu'elles sont répétées suffisamment souvent, nous avons orgasme et éjaculation. Une sensation érogène profonde sentie dans le bassin - distincte des sensations superficielles - est une conséquence importante de la contraction réflexe des organes pelviens.

Nous avons vu que le prépuce est un déclencheur majeur des réflexes menant à l'orgasme et à l'éjaculation, si le mouvement de va et vient continue en réponse aux sensations érogènes profondes. Maintenant, nous devons savoir comment le prépuce et la bande striée coopèrent avec la peau du tronc du pénis pendant le coït.

A propos du prépuce et de la peau musculaire du tronc du pénis et du scrotum. Pendant l'érection, la peau du tronc pénien et du scrotum se contracte, rétrécissant et durcissant. De tels changements sont très évidents au niveau de la peau lâche du scrotum, particulièrement à sa jonction avec le pénis. De plus, la peau du tronc pénien à la surface supérieure du pénis, qui est habituellement la surface de contact sexuel principale du pénis intact, développe des plis rigides de peau pointant en avant. Ces changements de la peau suffisent pour augmenter la capacité frictionnelle du pénis érigé. La peau scrotale qui s'étend de 2 à 4 cm vers la base du tronc pénien (« pars scrotalis », la partie poilue), augmente la tension de la peau du tronc pénien, et donc augmente sa capacité à transmettre les mouvements de va et vient au prépuce rétracté et à la bande striée, maintenue par les plis de peau relativement immobile contre le vagin. Bref, la peau musculaire du pénis et du scrotum contribue à l'activation « à distance » d'une chaîne de réflexes sexuelles pendant les va-et-vient vers l'éjaculation. L'avantage reproductif est clair, bien que je doive admettre que l'idée d'une peau pénienne « frictionnelle » va déranger des traditionalistes.

Le problème suivant est celui du corpus spongiosum, le corps spongieux vascularisé unique aux mâles, entourant l'urètre, et qui se rempli de sang pendant l'érection. L'extrémité postérieure du corpus spongiosum, juste derrière le scrotum, ressemble à un bulbe; ce bulbe du corps spongieux est comprimé par les contractions volontaires et réflexes du muscle bulbo-spongieux. (Actuellement, on pense que la raison d'être du muscle bulbo-spongieux est la compression de l'urètre, au milieu du bulbe ; on pense au moins que le corps spongieux améliore la compression urétrale durant l'éjaculation). Nous disons ici au contraire que la contraction du muscle bulbo-spongieux est faite pour envoyer des vagues de pression le long du corps spongieux, vers le gland, essentiellement son bulbe antérieur. La compression d'une extrémité de cette structure en forme d'haltère provoque l'expansion de l'autre. Je ne sais pas si ce mécanisme est limité aux mâles ; les femelles aussi ont un système de vaisseaux autour de l'urètre, connecté au gland clitoridien, donc tout est possible. Pour résumer, le corps spongieux est un mécanisme hydraulique simple et résistant, pour la répétition de réflexes sexuels. En faveur de cette théorie, la couronne du gland, au rayon large, est structurée pour répondre aux ondes de pression du bulbe spongieux, tel que les lois physiques de LaPlace qui lie la tension de la paroi (d'où la souplesse de la paroi) avec le diamètre du vaisseau. Plus les corpuscules de Meissner sont étirés, plus ils envoient un signal pour la contraction du muscle bulbo-spongieux, etc.

En pratique, la couronne du gland se dilate momentanément en réponse à la vague bulbaire, déclenchant un réflexe secondaire, ou écho, pour plus de contraction bulbaire. Notre questionnaire se penche sur l'hypothèse des ondes bulbaires. Au moins, nous pourrions peut-être attribuer au corps spongieux une fonction égale à sa taille et ses relations; fonction presque certainement plus qu'un simple support pour l'urètre, qui ne manque pas de support alternatif à travers sa longueur.

Le rôle d'un réflexe secondaire ou « écho » dans la contraction du muscle bulbo-spongieux soit disant « volontaire » en fin d'urination, ou simplement dans la pratique de notre test, vaut aussi notre considération. L'acte conscient de tirer l'urine de l'urètre postérieur peut être bien plus complexe, et vigoureux, que nous le pensons. Certains félins ont élevé ce talent au niveau d'un art raffiné.

Le gland a fait l'objet de beaucoup d'attention, la plupart intuitive. Et l'intuition est toujours un problème en science. Bien trop souvent les choses, telles que le prépuce, ne sont pas ce qu'elles paraissent à première vue. Tout d'abord, contrairement à l'imagination populaire, le gland est relativement insensible au toucher léger, et le pénis intact ne se place pas mieux que le circoncis à cet égard. Alors que fait le gland ? Et bien, sa forme est faite pour qu'il se dilate. La dilatation coronale étend les corpuscules de Meissner implantés dans la muqueuse superficielle comme des grains de raisin dans une brioche ; ceux-ci à leur tour provoquent la contraction du muscle bulbo-spongieux. Donc, le gland fait presque certainement partie d'un système de répétition de réflexes sexuels et de sensations érogènes. En d'autres termes, les fonctionnalités réflexes du gland et de la bande striée sont très similaires, conformément aux demandes de la nature parcimonieuse.

Vu sous un autre angle, le déclenchement, disons du réflexe de la bande striée, met en route une réaction en chaîne dans le pénis, une contraction du muscle bulbo-spongieux se multipliant en quatre contractions ou plus, sans plus d'apport venant de l'étirement de la bande striée. Ceci ne prend pas en considération l'effet de la rétraction du frenulum (frein) au bout du gland, dont la flexion abrupte à travers le corps caverneux (les corps érectiles principaux du pénis), est facilement transmise aux récepteurs coronaux, avec l'induction d'une nouvelle série de réflexes sexuels. Le frein est une autre structure qui cherche une fonction sexuelle. Je pense que c'est un peu plus qu'un tendon fléchisseur, bien que d'autres puissent penser différemment.

Ce que mes collègues et moi-même soulignons, c'est que le prépuce est une structure sensorielle extrêmement importante, qui négocie des réflexes sexuels. Ce n'est pas sorcier, et n'exige pas d'équipement sophistiqué. Tout ce qu'il faut, c'est un esprit ouvert et la volonté d'explorer des idées nouvelles.

Finalement, ce grand prépuce de l'enfant est une structure adulte, pour un usage adulte ; en fait à la naissance, il s'agit probablement de la partie la plus avancée de l'appareil sexuel humain. Contrairement à d'autres tissus jouant un rôle dans la reproduction de l'espèce, le prépuce change très peu entre la naissance et la puberté.

Merci d'avoir pris le temps de lire ce bulletin. J'espère qu'il est utile.

John R Taylor

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